Chers lecteurs,
En ma qualité d’avocat de victimes, deux dossiers ont spécialement retenu mon attention ces dernières semaines.

Un premier accident de moto dans lequel deux clients (le conducteur et la passagère transportée) ont été très grièvement blessés. Non seulement, ces deux malheureux motards subissent un préjudice physique et psychologique énorme, le conducteur étant hospitalisé dans un état grave (polytraumatisme) mais supportent également les tracas liés aux démarches administratives en pareille situation, sans compter l’insistance des enquêteurs qui doutent de leur bonne foi en prétendant que la responsabilité du pilote est engagée…Logique : Confronté à une mère de famille, un motard ne peut être que responsable ! C’est si simple.

Un deuxième dossier d’une toute autre nature concerne un nourrisson qui est né prématurément et qui a perdu la vie suite à un manquement fautif d’un service hospitalier. Ce dossier, très impressionnant est également très lourd en décharge émotionnelle.

Vécu personnel et compassion

Ces deux dossiers tout aussi différents l’un de l’autre se rejoignent pourtant : ils me touchent au plus haut point car ils me renvoient à un vécu personnel : je suis motarde et j’ai également perdu ma sœur jumelle alors qu’elle n’avait que quinze jours.

Le vécu personnel peut-il rendre un avocat de victimes meilleur pour la défense de ses clients ? Je réponds positivement si l’on conserve toute l’objectivité attachée au professionnalisme et si l’on observe le recul nécessaire pour traiter le dossier.

La compassion est-elle alors plus importante en cas de vécu personnel ? je réponds également positivement mais la compassion ne doit pas aveugler. Elle est nécessaire et positive en ce qu’elle donne l’énergie pour assurer la défense en indemnisation du préjudice corporel.
La compassion doit toujours être présente : je dois d’écouter mes clients, les comprendre et les rassurer.

Les quatre qualités essentielles d’un avocat de victimes

Ces deux nouveaux dossiers m’ont incitée à me poser la question suivante : quelles sont alors les qualités nécessaires pour être un bon avocat de victimes ?

Tout d’abord, l’écoute qui est essentielle : le client doit pouvoir se livrer, parler de son dossier sans retenue et être compris.

La franchise : il faut expliquer les failles éventuelles du dossier, les risques en cas de procédure et dire également au client que l’on peut perdre. Un client ne reprochera jamais à son avocat de lui avoir signalé les risques d’une procédure judiciaire, il lui reprochera en revanche de ne pas avoir suffisamment attiré son attention sur ces risques.

Aimer le combat : la matière de l’indemnisation du préjudice corporel est semée d’embûches : un assureur qui refuse de prendre en charge les conséquences de l’événement, des enquêteurs qui bâclent une procédure pénale, un assureur qui propose une indemnisation insuffisante…. L’avocat de victimes doit savoir se battre et défendre les intérêts de son client soit à l’amiable, soit en engageant une procédure.

Le respect du client : pour toutes les phases importantes du dossier (signature d’un procès-verbal, d’un protocole d’accord, pour une remise de fonds) ou tout simplement pour le suivi du dossier, il est nécessaire d’accueillir le client, de lui expliquer le déroulement de la procédure et d’échanger avec lui.

Qu’en pensez-vous, chers lecteurs ?

CategoryIndemnisation
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