Être avocat, c’est porter la parole de son client.

L’empathie, c’est la faculté de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent.

Les deux notions sont complémentaires, me direz-vous. Oui, mais…

Pour avoir de l’empathie, il est nécessaire prendre du temps, pour « entrer » dans l’autre et percevoir son ressenti.

Dans mon métier, cela n’est pas toujours simple, compte tenu notamment du rythme professionnel soutenu qui ne permet pas forcément d’être dans l’empathie.

L’avocat, lorsqu’il reçoit un client, se focalise avant tout sur les informations techniques lui permettant de savoir si une affaire peut être gagnée en transaction ou devant un Tribunal.

A ce moment-là, a-t-il suffisamment d’empathie à l’égard de son client ?

Ces derniers temps, j’ai été confrontée à des situations dans lesquelles les clients recherchaient une écoute d’avantage tournée sur l’humain que sur l’aspect technique.

Quelles sont-elles ? peut-être que certains d’entre vous se retrouveront.

  • Un premier dossier dans lequel un conjoint d’une cliente est très investi dans l’indemnisation de la victime. Il prend la parole à la place de ma cliente et s’approprie complètement le dossier, la cliente quant à elle ne prenant plus la parole lors de nos rendez-vous.

Il manifeste même une certaine agressivité. Je pense à ce moment-là qu’il remet en cause mon travail et mon implication.

J’ai alors compris que la cliente souffrait énormément du préjudice subi et qu’elle avait l’impression que personne ne prenait en considération cette souffrance, notamment le Corps médical.

J’ai compris le mal-être, j’en ai discuté avec la victime en lui affirmant que je comprenais sa souffrance. Elle se sentait mieux et son conjoint également !

  • Un autre cas un peu différent : un client a subi plusieurs expertises et n’est pas satisfait d’une expertise qui selon lui, n’aurait pas révélé l’intégralité de son préjudice. Pour autant, les conclusions médicales de l’expertise finale sont plutôt très satisfaisantes ainsi que la proposition transactionnelle de l’organisme régleur.

Malgré ce, mon client reste fixé sur ce résultat expertal qui selon lui, n’est pas satisfaisant car l’expert n’aurait pas tenu compte de tous les éléments médicaux.

Il est en colère, évoque sa souffrance quotidienne depuis l’agression, aggravée par cette expertise qu’il considère comme une injustice.

Je prends le temps de l’écouter, d’être dans l’empathie et j’apprécie le dossier sous un autre angle.

Peut-être qu’effectivement, cet expert n’a pas tenu compte de tous les éléments.

Je luis propose alors des solutions pour faire avancer le dossier comme il les souhaite. Il me remercie, il est satisfait.

Il suffit de peu de choses.

S’arrêter quelques minutes, écouter la souffrance du client et le comprendre.

La relation client-avocat s’en trouve transformée et grandie !

Cette écoute est d’autant plus justifiée par la matière que je pratique qui est l’indemnisation du préjudice corporel : les gens sont abimés, meurtris par des blessures physiques et psychologiques. Ces douleurs sont parfois ressenties durant toute une vie.

Ecouter et comprendre cette douleur n’est que juste retour et fait partie du processus de réparation.

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